Allocation des actifs au sein d'un portefeuille boursier vu depuis un smartphone
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Comment construire un portefeuille optimisé grâce à l’allocation d’actifs ?

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La gestion de votre portefeuille d’investissement est un élément déterminant de votre stratégie financière. En effet, toutes les classes d’actifs n’évoluent pas toutes dans le même sens, au même moment et dans des proportions identiques. Quel est donc le but de l’allocation d’actifs ? Comme nous allons le voir, cette répartition de votre portefeuille dans différentes catégories doit vous permettre de l’optimiser, le rendre plus stable dans le temps et peut-être aussi moins sensible aux baisses de marché tout en bénéficiant des hausses.

Nous verrons d’abord en quoi consiste cette allocation, puis quel est son intérêt et nous essaierons de trouver les clés pour construire un portefeuille optimal à travers des exemples réels. Un bon portefeuille est une des clés vers la liberté financière alors en avant !

Qu’est-ce que l’allocation d’actifs ?

L’allocation d’actifs est au cœur de la gestion de portefeuille, elle consiste en la construction d’un portefeuille d’investissement performant, un portefeuille étant simplement une combinaison de titres représentant chacun un certain poids au sein de ce portefeuille.

On pourrait par exemple envisager de construire un portefeuille constitué à 60% d’actions et 40% d’obligations.

Donc pour faire de la gestion de portefeuille, on va pondérer chaque catégorie d’actif de notre portefeuille par un certain poids (la somme de ces différents poids étant égale à 1). Dans l’exemple précédent on avait 1=0,4+0,6.

De la même façon, dans l’article expliquant l’intérêt d’un investissement dans l’or ainsi que des différentes manières de réaliser cet investissement, nous avions vu qu’il était généralement judicieux de ne pas y placer plus de 10% de son portefeuille. Décider de la part à allouer à l’or en fonction de ces prévisions du futur, sa tolérance au risque et son désir de rendement est donc de la gestion de portefeuille.

Nous avons donc vu ce qu’est l’allocation d’actifs de façon très macro. Mais en quoi cette gestion est-elle nécessaire ?

Pourquoi travailler sur son allocation d’actifs ?

Pourquoi s’ennuyer à bâtir une stratégie ? Pourquoi ne pas seulement choisir les meilleurs actifs pour performer ?

Tout d’abord, personne ne sait quelles seront les meilleurs actions, celles qui performeront le mieux sur un intervalle de temps donné. Sinon, tout le monde serait milliardaire. Il est donc nécessaire de diviser son capital en le répartissant sur différents supports.

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De plus, cette allocation va ainsi permettre de se diversifier. Comme on ne peut connaître en avance les meilleures actions, on ne va pas « tout mettre sur le rouge », mais plutôt allouer du capital à chaque classe d’actif qui nous semble être une bonne candidate pour l’horizon d’investissement que l’on vise. Cette stratégie de diversification permet donc de réduire le risque en le répartissant sur différents supports.

Remarque : on entend parfois dire que la diversification n’est pas une bonne chose. C’était effectivement l’avis de Warren Buffet, mais il est une exception dans le sens où en tant que meilleur investisseur, il est le seul à avoir su trouver les meilleures actions ces dernières décennies.

Enfin, de manière générale, un investissement qui a une espérance de gain élevée aura aussi un niveau de risque important et inversement. Il s’agit donc de trouver un optimum entre gain élevé et risque limité, ce qui se matérialise par des compromis à faire au sein de son allocation.

Avant d’aborder le chapitre suivant, comprenez bien que l’allocation parfaite est un idéal inatteignable. Nous n’allons donc qu’énoncer quelques notions basiques et étudier des exemples de portefeuilles en essayant de faire preuve d’esprit critique pour en garder le meilleur.

Comment construire un portefeuille optimisé ?

La théorie moderne de gestion de portefeuille

Tout d’abord, si l’on devait caractériser le portefeuille idéal constitué de valeurs dont les gains sont normalement distribués, on voudrait qu’il ait une moyenne la plus élevée possible et un écart-type le plus faible possible. En effet, l’écart-type représente la variabilité de la valeur du portefeuille, or on veut que cette variabilité tende vers zéro, ce qui signifierait que le risque est extrêmement faible.

Donc lorsqu’on s’interroge sur l’ajout d’une valeur à son portefeuille, on devrait s’interroger sur les performances futures de l’entreprise, quel est le gain auquel on peut s’attendre (d’après l’historique de l’entreprise et ce qu’elle fait aujourd’hui), mais aussi sur le risque qu’elle apporte ou non au portefeuille. Si on voit que l’actif en question ajoute du risque sans ajouter de rendement potentiel, on en cherchera plutôt un autre.

De plus, la théorie moderne de gestion de portefeuille de Markowitz nous enseigne que détenir des actifs peu corrélés entre eux réduit le risque global du portefeuille. La sélection d’un actif candidat à votre portefeuille devra donc passer par une réflexion préalable concernant la corrélation de sa performance avec celle des autres actifs que vous détenez déjà.

Donc, il faut diversifier mais pas n’importe comment. L’allocation d’actifs si l’on reprend la définition initiale consiste non seulement à définir les catégories que l’on va considérer, mais aussi la part de notre capital que l’on va allouer à chacune d’entre elles.

Pour conclure sur le modèle de Markowitz, il est certes utile pour comprendre les concepts évoqués, mais il s’agit d’un modèle un peu utopique dans le sens où les hypothèses prises ne reflètent pas la réalité des marchés. De plus trouver les optimums avec ces modèles n’est pas à la portée de tout le monde et nous nous contenterons donc de ses conclusions. Ce modèle offre toutefois une bonne base de départ aux grands gérants de portefeuilles.

Quels actifs choisir ?

Vous aurez donc compris que l’allocation d’actif est une diversification intelligente de son portefeuille permettant d’optimiser le ratio risque-rendement. L’idée est donc de suivre le vieil adage boursier de ne pas mettre tous ces œufs dans le même panier. Mais alors quels « paniers » privilégier ?

Différents types de paniers de toutes tailles

Voyons à présent quels sont les différents exemples de titres que l’on peut intégrer à un portefeuille, selon trois catégories allant de la moins risquée à la plus profitable.

Catégorie 1 : risque faible, rendement quasi nul

  • Les obligations souveraines de pays développés
  • Le fond euro d’une assurance vie (peut-être pas si dénué de risque)
  • L’or

Catégorie 2 : risque modéré, rendement moyen

  • Les obligations de grandes entreprises avec de la visibilité
  • Les actions d’entreprises ayant une trésorerie importante et offrant de la visibilité
  • Les foncières côtées

Catégorie 3 : risque élevé, rendement élevé

  • Actions de secteurs cycliques (ex : automobile, métallurgie etc)
  • Actions de pays émergents
  • Obligation de pays émergents
  • Small caps (les entreprises ayant de petites capitalisations)
  • Le marché du non-côté
  • Le marché des crypto-monnaies

Ainsi, la première catégorie offre une protection du capital et les deux autres permettent de trouver du rendement avec un niveau de risque plus ou moins grand. Donc en fonction de votre aversion au risque vous investirez beaucoup ou peu dans la première catégorie et le reste dans les deux autres, dans des proportions qui seront elles aussi définies par votre tolérance au risque et votre anticipation personnelle de l’avenir.

Pensez-vous que nous allons vivre une décennie de relance formidable ou une période de récession profonde, de chômage élevé et de crises sociales ? Divisez votre capital en fonction de vos anticipations et sachez vous positionner dans les nuances (la vérité se cache souvent au milieu des extrêmes).

Allocation d’actifs, une étude pratique

Vous l’aurez compris, il n’existe pas de recette miracle (c’est toujours pareil malheureusement). Il est toutefois possible de s’inspirer des meilleurs gestionnaires de portefeuilles et de diverses allocations cibles construites au cours des dernières décennies.

Le portefeuille permanent d’Harry Brown

allocation d'actifs d'Harry Brown

Les différentes classes d’actifs de ce portefeuille sont toutes corrélées négativement entre elles donc on répond à la condition vue ci-dessus. En période de croissance les actions vont performer, en cas de krach l’or et le cash offriront un bon amortisseur etc. Il s’agit d’un portefeuille à garder sur le long terme (en réajustant les niveaux entre eux si par exemple, les actions venaient à prendre beaucoup de valeur, on veillerait à revenir sur du 25-25-25-25). Ce portefeuille n’est pas le plus performant, mais si vous voulez consacrez le moins de temps possible à la gestion de portefeuille il peut être bon pour vous. Toutefois, 25% d’or semble quand même très conséquent, idem pour les liquidités…

Le portefeuille Coffeehouse de Bill Schultheis

Il s’agit ici d’une version un peu plus travaillée que le basique 60-40 que nous avions pris comme exemple.

allocation d'actifs de Bill Schultheis

Plus travaillée car la part d’actions se divise comme suit :

  • 10% de grosses capitalisations diverses
  • 10% de grosses capitalisations (value)
  • 10% de petites capitalisations diverses
  • 10% de petites capitalisations (value)
  • 10% d’actions internationales

Les actions value sont les actions qui sont recherchées par les investisseurs, qui comme Warren Buffet suivent les enseignements de Benjamin Graham qu’il a popularisé dans son livre L’investisseur intelligent.

Ce portefeuille inclue donc différents types d’actions mais aussi une part en immobilier.

L’allocation de Swensen

Allocation d'actifs de Swensen

On est ici sur quelque chose de bien plus élaboré. Il s’agit du portefeuille de l’université de Yale aux Etats-Unis, qui a été mis au point par David Swensen, le gestionnaire des actifs financier de l’université depuis la fin des années 80.

Ce portefeuille est beaucoup plus diversifié, et beaucoup plus offensif, on note en effet une très forte exposition au marché du non-côté qui est plus risqué et une exposition assez forte aux hedge funds qui ne sont pas réputés pour leur stabilité. Il ne serait pas raisonnable, ni d’ailleurs possible pour un particulier lambda de copier ce portefeuille, l’AMF (l’Autorité des Marchés Financiers limite l’accès à ces fonds spéculatifs aux seuls investisseurs avertis). Notez cependant, que Swensen accorde un poids plus important aux actions internationales qu’à celles de son pays (n’investir que dans les actions nationales car on les connait est une erreur assez courante).

Pour aller plus loin

Il existe de nombreuses allocations types, mais encore une fois il ne s’agit pas de les recopier. Aucune d’entre elles n’est parfaite, aucune ne vous protégera totalement des krachs boursiers si vous souhaitez avoir du rendement. Il s’agit selon moi de choisir les actifs avec lesquels on a le plus d’affinités en s’inspirant aussi de ce qu’ont fait ces grands investisseurs pour ne pas partir de zéro. Je conseille en tous cas de considérer les foncières cotées, les actions de pays émergents, un peu de crypto-monnaies etc, je fournirai peut-être l’allocation que j’utilise personnellement.

Conclusion

Nous avons donc vu plusieurs exemples, mais gardez en tête qu’un portefeuille d’investissement ne peut en aucun cas être généralisé car il s’agit de quelque chose de très personnel, dépendant de votre situation, de votre patrimoine actuel et par extension de votre tolérance au risque. On ne peut donc donner une allocation d’actifs cible qui conviendrait à tout le monde, cela est évidemment impossible. Il ne sera donc pas question de reproduire le portefeuille de Swenson quand certains des actifs dans lesquels il investit sont réservés à des business angels, des investisseurs avertis (dont la définition est réglementée par les instances de régulation financière, et nécessite la détention d’un patrimoine ou de revenus énormes).

Gardez à l’esprit qu’investir de manière générale implique des risques de pertes partielles ou totales de votre capital. Vous n’aurez donc investi que de l’argent que vous pouviez accepter de perdre. Si tel est le cas, pourquoi ne pas chercher à donner une place prépondérante au risque, en limitant la part des obligations ? Tout dépendra comme d’habitude de la situation de chacun et de vos objectifs, alors construisez votre propre portefeuille selon vos objectifs de rendement, votre tolérance aux risques et votre horizon de placement.

Attention : Je précise ne pas être conseiller en investissements et simplement fournir des avis issus de ma propre expérience et de mes recherches à titre amateur. Tout investissement vous expose à des risques de pertes partielles ou totales du capital et l’auteur de ce blog ne pourrait en aucun cas être tenu responsable d’éventuelles pertes financières. De même l’auteur du blog ne pourrait en aucun cas être responsable des interprétations faites par les lecteurs de toute information fournie sur ce blog (qui pourrait d’ailleurs être erronée) et des conséquences pouvant en découler. N’investissez que dans ce que vous comprenez, faites vos propres recherches et faites vous accompagner par des professionnels si besoin.

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